12 août 2006

Chap 3 : Francesita buscando un arriendo de pieza

                                                                           rastrologo                     
             1.            CALLE SAN ISIDRO, 928 – 35 000 $ - Despues de las 2 – 7 cuadras del centro

      Rendez-vous pris pour cet après-midi après 14h, je décide donc de commencer ma journée par cette première visite. Après un rapide coup d’œil sur le plan de la ville (bon, ok, 10 bonnes minutes), je sors de l’hôtel et rejoins rapidement la Alameda. Pas de métro pour moi pour le moment, si je fais tout à pied, un jour j’y arriverai ! Je longe donc la Alameda et repère facilement cette perpendiculaire, la calle San Isidro. Le panneau indiquait que je me trouvais au very début de la rue [<<99-01 SAN ISIDRO] et mon petit papier indiquait que je devais me rendre au numéro 928 ! Alors, sans avoir vu l’ombre de la chambre que je m’apprêtais à visiter, je sentais déjà que je ne m’y installerais pas. Mais bon, j’y vais quand même, ça me permettra de découvrir une nouvelle pièce du puzzle et pis ça se fait pas quand même, je me suis engagée ! Alors je m’engouffre dans cette rue, qui devient de plus en plus bizarre et semble se refermer sur moi ; les maisons sont de plus en plus basses et décolorées, la rue de plus en plus sale, les commerces se font de plus en plus rares et les passants aussi. Je rentre dans un "centro de llamadas" * et me fais arnaquer en beauté ! Le gars me refile une recharge Movistar alors que je lui demandais une carte pour appeler à l’étranger et qu’il m’a très bien comprise en plus, je l’ai senti ! Mais bon, c’est pas grave, je m’en servirai plus tard de cette carte et puis il a vraiment pas l’air aimable. Je m’achète ensuite un paquet de chips (Lays, saveur de la Méditerranée…) dans une "botilleria". A quelques dizaines de mètres devant moi, il me semble voir beaucoup de monde, une certaine agitation grisâtre, sortie de nulle part dans cette rue P8120017parallèle. Et oh surprise, arrivée à hauteur de l’agitation, je me retrouve dans la rue des garagistes et autres revendeurs de pièces détachées en tout genre ! Beaucoup de bruit, de fumée, de mecs qui hurlent, qui travaillent et qui ont même investit le milieu de la rue. Ah oui, une chose surprenante ; ici, les opticiens sont à coté des opticiens, les bureaux de change à coté des bureaux de change, les magasins de chaussures à coté des magasins de chaussures, les garagistes à coté des garagistes, les… enfin vous avez compris ! Forcément je ne passe pas inaperçue malgré mes efforts pour être la plus rapide et la plus discrète possible. Je file droit vers le fond de la rue pour me faire oublier mais j’oublie à mon tour de faire attention aux numéros ! Et merde, je suis allée trop loin, il faut que je retourne sur mes pas ! Avec un léger a priori, je sonne au numéro 928. Un monsieur avec un bide énorme, un pull gris troué, un pantalon trop court, une clope sans filtre à la main, et des ongles noirs vient m’ouvrir, me souhaite la bienvenue et sans me laisser en placer une, me confie à un jeune homme qui me guida à travers la maison pour me faire visiter la chambre. Je le suis attentivement, en faisant très attention de ne pas marcher sur quelque chose, et de ne pas me cogner. J’hallucine, je me croyais dans les petites rues des médinas marocaines, un peu sales, un filet d’eau courrant sur le sol - ou plutôt sur les pavés - , des fringues qui n’avaient même pas l’air propre, suspendues partout, une luminosité quasi inexistante, et un bordel sans nom ! Le jeune ouvre alors la porte de la chambre, pénètre à l’intérieur et me dis "Aqui esta…" *, avec une pointe de honte et un air désabusé. Il avait dû sentir en me voyant que je ne serais pas à l’aise ici, et me montrait la chambre avec la même gêne qui m’avait gagnée en passant le pas de la porte. Il resta au milieu de la chambre, simple, pauvre, sale, délabrée et sombre, sans rien dire. Je ne disais rien non plus, contenant à la fois mon envie de rire et mon envie de pleurer. Je tentais de couper court à la visite, argumentant que j’allais travailler dans le centre de la ville et que donc j’aimerais m’installer un peu plus près du centre, mais le bruit de la rue couvrait mes paroles et de toute façon, il ne me regardait pas. Il ne bougeait pas, ne me regardais pas, et je ne savais que faire. Je réussi à intercepter son reP8120019gard et fis un pas hors de la chambre pour lui faire comprendre que c’était bon, j’avais bien vu la chambre. Il me raccompagna alors à l’entrée, et le gros monsieur m’expliquait avec sa voix cassée que c’était un quartier merveilleux, sans histoires et très bien desservi par les bus ("la micro") et les taxis. Je pris congé en le remerciant, lui expliquant que je devais voir d’autres chambres et que je le rappellerais. Je sortis de la maison, poussai un long soupir et je quittais alors ce tronçon de rue avec un immense soulagement, prise d’un fou rire et le cœur léger. Je remarquais alors que la rue avait quelque chose d’attachant, un certain cachet et la pris en photo, au cas ou je n’aurais pas l’occasion d’y remettre les pieds. Voila, ça… c’est fait ! J’embraye alors sur une nouvelle adresse…


2.     PASAJE REPUBLICA, 9 – 80 000 $ - paseo peatonal – metro Republica – por la tarde

      Le "barrio de la Republica" *, beaucoup de gens m’en ont parlé. Quartier universitaire, ambiance étudiante, sans histoires, métro et Alameda à proximité. J’arrive sans encombres dans la avenida de la Républica et tourne rapidement à gauche dans le petit passage piéton. Adorable petit passage piéton. Un petit bar, une école, des couleurs et des pochoirs recouvrant les murs. Je me promet de les photographier en sortant de ce rendez vous. Je P8200002sonne et une jeune fille souriante m’invite à rentrer dans la maison. C’est une très belle maison presque toute en bois, très rustique, très chalet de montagne. Et pour cause, Vicente, "el dueño de la casa"*  se présente et m’explique dès la deuxième phrase, qu’ils sont une famille de skieurs ! Je n’ai pas tout saisi précisément mais il a été champion de ski de je ne sais pas quoi plusieurs fois, et il est allé skier en France à plusieurs reprises ! Assis dans la salle de la télévision, Vicente, la jeune fille (je crois sa fille ou peut-être sa femme finalement…) et moi discutions tranquillement de tout et de n’importe quoi. Vicente s’interrompait toutes les deux minutes pour me proposer du thé et au bout du compte j’aurais peut-être dû accepter, je ne connais pas vraiment les trucs polis ou pas polis en France, alors au Chili...La chambre est au premier étage, très jolie, assez grande, très cosy avec des meubles en bois, et propre mais avec un papier peint qui fait mal aux yeux. J’en suis presque tombée amoureuse. Peut-être est-ce dû au contraste avec la chambre style souk marocain crade! Il y a toutes les commodités nécessaires et même d’autres plus superflues telles que l’Internet ! Moi je dis Banco ! Et Vicente lui, dit qu’il a "una muy buena onda"* ! Nous parlons encore un peu, je n’ose pas regarder ma montre (de toute façon je n’en ai pas) mais je crains de me mettre en retard pour ma prochaine étape, et il m’accorde ma journée pour prendre ma décision, je l’appellerai demain matin.

En sortant, je ne peux pas m’empêcher de prendre les pochoirs en photo, je jette un coup d’œil sur le plan et me dirige vers mon rendez-vous de 17h…


       3.     CALLE MONEDA 2155 - Depto 808 - Barrio Brasil – 17h – demander Silvia au concierge "y nada mas"* !

         La Alameda c’est vraiment génial ! Enfin, c’est juste une grande rue qui traverse la ville, super large, qu’on met 10 minutes à traverser à moins de couper par le métro, mais c’est un point de repère génial !Je n’aurais à peine que 5 minutes de retard. Le quartier a encore changé, bien qu’il soit proche de la Républica. L’immeuble est récent, haut, carré et moche. Il n’y a qu’un seul petit bouton devant la porte, et à l’intérieur ce n’est pas un concierge, c’est une secrétaire. Il me demande ce que je viens faire la et je réponds, conformément aux conseils de mon rendez-vous, que je viens voir Silvia del departamento 808 et rien de plus. D’ailleurs ça doit cacher quelque chose, elle ne doit pas avoir le droit de louer une chambre de sa maison…La porte s’ouvre alors et le concierge tente de joindre Silvia sur un interphone bizarre. Pas de réponse…et moi j’attends, ne sachant que dire, priant le concierge qu’il réessaie au cas ou elle n’entendrait pas la sonnette. Elle répond enfin et le concierge m’autorise alors à passer. Je m’avance vers les deux ascenseurs, monte dans le premier qui arrive et cherche tranquillement le 8ème étage, qui ne figure parmis les choix offerts. Je monte alors au 9ème étage, je descendrais par les escaliers jusqu’au 8ème. Mais il faut croire que l’immeuble en avait décidé autrement puisque la cage d’escalier était verrouillée. Celle du 7ème étage également. Je décide donc de redescendre, je me retrouverais nez à nez avec le concierge et lui expliquerais que l’ascenseur ne veut pas m’amener au 8ème étage. Ce n’en fut pas la peine, car je remarquais que la raison de P8120048l’existence de deux ascenseurs était que le premier conduisait aux étages pairs et le deuxième aux étages impairs ! Et forcement, problème d’observation et poisse obligent j’ai pris le mauvais. L’ascenseur ouvre enfin ses portes au 8ème étage et je sursaute en voyant Silvia qui m’attendait juste devant. C’est un petit bout de vieille bonne femme, à qui je prends une tête ;-) , qui nage dans un grand gilet et qui a le bras cassé. Elle m’introduis dans son appartement, imprégné d’une odeur de vieux, en déménagement, et me prend à témoin en me montrant que les déménageurs avaient bousillé tous ses meubles en bois ! La chambre est plus que riquiqui (suis même pas sure qu’un lit tienne ni en largeur ni en longueur !) et elle est toute mimi en me montrant touts les attraits de son cagibi. C’est une très bonne vendeuse, et je l’écoute attentivement en souriant. Je ne peux pas inviter de "pololo"*, pas tellement pour elle qui n’est pas si veille et qui comprend bien la jeunesse mais surtout pour sa mère qui vit dans la chambre contiguë mais qui ne me dérangerait absolument pas. Mais elle a raison au moins sur un point : la chambre offre une vue magnifique sur les toits de Santiago et sur la Cordillère des Andes, toute enneigée à cette période de l’année. Elle me présente de la même façon sa cuisine impeccable, et me montre fièrement une bouilloire et un grille-pain pour bien me signifier que je ne manquerais de rien. Elle était mignonne en me refaisant la scène de sa chute au beau milieu de son salon, et en comparant son histoire avec un présentateur télé très connu (que je ne connaissais pas évidement) qui était tombé de la même façon en courrant aux toilettes avant le début de son émission. Je la remercie et promet de la rappeler le plus vite possible, en précisant diplomatiquement qu’elle ne devait pas vraiment s’attendre à ce que je vienne m’installer ici, prétextant encore que je préférerais vivre plus au centre. Elle me raccompagne jusqu’à l’ascenseur et me souhaite plein de bonnes choses "Que todo te vaya bien mi hija, cuidaté mi amor, adios mi niña hermosa !"*

"Muchas gracias, hasta luego abuelita !"*

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