25 août 2006

Chap 8 : El ritmo de la vida santiaguina*

20h, Joaco passe me chercher en bas de chez moi, et nous allons rendre une petite visite à Max Berru, chanteur chilien très connu, qui possède maintenant un restaurant écuatorien. Restaurant encore vide à cette heure, nous conversons avec le personnel, et les sympathiques cuisiniers nous préparent un petit truc à manger, rien que pour nous. Du blanc de poulet, sauce espagnole (style sauce paella) avec du riz. Un régal…Dîner en tête à tête, presque seuls dans ce restaurant très sympa. "La Mitad Del Mundo, es lo que se dice del Ecuador"*.

Les clients arrivent et nous partons voir Quico, un ami de Joaco, pour lequel il doit jouer quelques morceaux. Nous allons alors jusqu’à una "poblacion"*, quartier pauvre, où les gens vivent tant bien que mal, très solidaires les uns des autres, les enfants traînants dans la rue tard la nuit, les poubelles et autres débris aussi,…La fête se déroule dans un lieu assez étrange, et la salle semble presque vide. Quico nous apprend qu’il a organisé cette fête en faveur de son parti, le parti communiste, afin de récolter des fonds qui serviront à la réparation des locaux du parti, construire des murs par exemple. Il semble que cette grande salle aux trois quarts vide, s’explique par le fait, qu’au même moment, une centaine de personnes sont rassemblées à l’église… ! Quico est un peu dépité mais il est tellement content de nous voir, Joaquin et moi, que j’ai l’impression d’être le messie. Il nous installe à une table devant la scène, ouvre une bouteille de "vino chileno" rien que pour lui et moi, nous présente une de ses meilleures amies et le fils de celle-ci, qui doit être simplet ou trisomique, qui ne s’arrête pas de sourire, en faisant des mouvements d’arrière en avant, rougissant en me répétant que je suis belle. Quico est vraiment très content que Joaquin soit venu chanter à sa fête, il dit à son amie, tu vas voir, il chante très bien, et puis après il fait des blagues, tu vas voir… !Et Joaquin chante, juste devant un écran qui diffuse des images de répression militaire très fortes. Quico ne quitte plus Joaquin des yeux, et ne quitte plus son sourire, le fils de son amie non plus, et nous trinquons encore et encore…pendant que Joaquin joue avec le public en improvisant et en chantant une chanson coquine qui parle de zoophilie…"Insolito !"*

Nous prenons congé pour nous rendre au Blue Pub, ou Joaquin continue sa tournée, un endroit presque complètement opposé à la fête communiste, un bar fashion, ou il chante avec Nico, et où les gens ne prêtent pas la moindre attention aux artistes, tellement qu’ils n’applaudissent même pas ! Joaquin et Nico chantent, et moi je discute avec le DJ ! Eh oui, on ne perd pas ses vieilles habitudes comme ça… Leo, le grand frère de Joaco et Maya, la nouvelle petite amie de Nico me rejoignent et enchaînent las copas de ron con coca cola. Fin du concert, 2h du matin, nous partons au barbecue ("asado chileno") d’autres amis de Joaco, des espagnols. C’est l’occasion pour moi de parler de l’Espagne et de fumer "un porro"* à l’espagnole (c'est-à-dire avec du tabac!), et l’occasion pour Joaco et les autres chiliens de se moquer de l’accent des espagnols et du mien, par extension ! Très bonne ambiance, et très bonne descente de cervezas !

Photo_joaquin_1425h du matin, Joaquin et moi prenons le chemin de sa maison dans les montagnes. Ca y est, on commence à gravir la Cordillère, l’air est de plus en plus froid, il n’y a plus de lumière sur la route, plus de maisons, plus de bruit, juste la campagne montagnarde, tranquille, sereine, qui nous accueille les bras ouverts, mais dont on se méfie aussi un peu, en pleine nuit. De loin, on entend l’âne qui nous salue, et on voit les lapins s’écarter pour nous laisser le passage. On continue à monter, et au détour d’un virage, c’est le choc. Notre position nous offre un point de vue magnifique de la ville de Santiago, d’environ 210 degrés (enfin, je ne sais pas exactement combien de degrés mais en tout cas plus que 180 !). C’est saisissant, cet ensemble de lumières jaune et orange qui tiennent la ville éveillée, et derrière la Cordillère de la Cote, autre chaîne de montagne moins haute que la Cordillères des Andes, qui encadre la ville et l’enferme dans un petit bassin. Et au-dessus de ce spectacle, le ciel, plus étoilé que jamais. Je reste bouche bée pendant que Joaquin gare la voiture. Il revient avec deux énormes ponchos, que nous nous empressons d’enfiler, et Pascual. Pascual, c’est son cheval préféré ! Sans monture, et sans selle, nous chevauchons Pascual. Il trottine, au beau milieu de la campagne, et nous fait découvrir d’autres paysages étourdissants. C’est magnifique, c’est impressionnant, c’est romantique, c’est insolite, et dans un silence respectueux de la nature qui nous entoure, nous partageons un moment très spécial. Pascual traverse un petit ruisseau, et nous sommes éclaboussés, nous prenons le chemin du retour à la cabane, à la maison de Joaco. On allume la cheminée, on met nos chaussures, chaussettes, pantalons et ponchos à sécher, on se réchauffe en buvant un thé, blottis sur le canapé devant la cheminée, et on est bien…

Posté par miniboo à 08:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Commentaires sur Chap 8 : El ritmo de la vida santiaguina*

Nouveau commentaire